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  • Sophie Caruelle

Vania, capitaine de son bateau !

Dernière mise à jour : 12 mai 2021


Avec son large sourire, sa voix sereine, et ses rêves plein la tête, Vania nous embarque à bord de ses projets. Depuis 6 ans elle contribue par ses activités de sensibilisation et de formation à la construction d’une société différente : un monde d’inclusion et de partage, une approche responsable et coopérative où il fait bon vivre ensemble. Rencontre avec une jeune femme déterminée, qui dans son sillage sème de nouvelles idées.


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Vania est fille d’immigrés. Ses parents ont quitté le Portugal alors qu’ils étaient adolescents, pour s’installer au Luxembourg. Elle a toujours connu son père « une entreprise en main », souvent dans le secteur de la restauration. Sa mère, quant à elle, effectuait le service dans une maison de retraite. La famille vit à Pétange au sein de la communauté portugaise. Vania se souvient d’une scolarité difficile pendant laquelle le racisme était vécu au quotidien : « Souvent mise à l’écart, on me disait de retourner dans mon pays ». Elle subit sans broncher les humiliations de ses camarades et parfois celles de son enseignante…


A la fin de ses études, elle ne sait pas pour quelle carrière opter. Elle ressent assurément le besoin d’être utile et pense alors se diriger vers les métiers d’aide à la personne. Après avoir étudié ses motivations, un conseiller d’orientation lui soumet deux options : devenir infirmière ou étudier la philosophie. La jeune femme, sceptique, choisit de rejoindre une école d’infirmières. Rapidement, l’anxiété la gagne et elle comprend que la filière ne lui convient pas : « C’était horrible, j’avais l’impression que tout pouvait être maladie ». L’expérience prend fin rapidement.


Changement de cap


Au détour d’une conversation, un ami évoque la sociologie, « un domaine que tu devrais bien aimer ». La jeune fille suit son conseil et son intuition et s’inscrit dans une université française. Très vite, les dynamiques de groupes et les théories qui lui sont enseignées la passionnent. C’est une évidence : elle a trouvé sa voie !


Vania poursuit sa formation avec un master en sociologie culturelle aux Pays-Bas. L’ambiance est différente, beaucoup plus intime. Les grands amphithéâtres laissent la place à une petite classe. On y échange entre étudiants des opinions sur les textes travaillés. Les lectures proposées sont de véritables révélations : « Je prenais jusqu’alors pour acquis la société telle qu’elle était, alors que tout peut se construire et s’articuler totalement différemment ! ».


Elle identifie ensuite les acteurs de « la participation » au Luxembourg et découvre l’association de référence en matière de changement social. Cette dernière œuvre à développer une société plus inclusive, responsable, citoyenne et participative. Vania y décroche un volontariat, puis un CDI. Sa mission : concevoir et animer des formations à destination du personnel éducatif du pays. Elle aborde les thématiques de la discrimination, des stéréotypes, du « vivre ensemble », de l’égalité. Elle prend également part au programme d’accompagnement des jeunes en insertion professionnelle.


Au sein de la structure, elle aime le travail collaboratif avec ses collègues, tout autant que « l’ambiance respectueuse qui y règne ». L’administratif l’enchante un peu moins : « Quantifier, chiffrer les actions au lieu de valoriser la qualité des prestations, ce n’est pas ce qui me plait le plus ».


Vivre avec et pour les autres


Jeune maman, Vania travaille dorénavant à mi-temps, « et c’est une très bonne décision !». Elle veut consacrer du temps à son fils, apprendre de lui comme il apprend d’elle : « Depuis sa naissance, ses réactions en disent long sur mon état émotionnel : je vois par exemple quand mon impatience l’impacte ». Grâce à lui, la perfectionniste a peu à peu lâché prise. En quête « d’espace intérieur », elle sait qu’être disponible pour elle-même lui permet d’accueillir l’autre plus sereinement, et d’être ainsi plus présente pour lui.


Vania est heureuse de ses choix, professionnels et personnels. « Capitaine de mon bateau, c’est comme cela que je me vois ! ». Fière d’être restée fidèle à ses valeurs, elle s’épanouit également grâce au développement personnel : « J’avais envie de lâcher mes croyances et mes automatismes, et mon métier m’y aide énormément ». Travailler sur elle a eu des influences sur toutes les sphères de sa vie.


La jeune trentenaire ne s’attarde pas sur les mauvais moments. Sensible, empathique, elle a parfois trop donné pour assurer son rôle : « Je veux toujours faire au mieux, comme s’il était de ma responsabilité d’aider les autres ». Désormais à l’aise pour distinguer la tension des autres de ses propres émotions, elle évolue plus tranquillement. « L’expérience et l’âge sûrement ! » dit-elle en souriant.


A l’avenir, elle aimerait accompagner des groupes de façon « thérapeutique » : aider les individus qui veulent se (re)trouver tout en favorisant les relations de groupes. Vania est en effet convaincue de l’importance des interactions entre les personnes : « A plusieurs, des déclics se créent par le biais des rencontres, des échanges… ».


Son rêve ? Virer à bâbord, partir vivre au sein d’une belle communauté, en pleine nature, et apprendre à jardiner : « J’en reviens toujours au potentiel de vivre ensemble, différemment ».

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